Et c’est un « NEIN ! »

Les européens accaparent nos postes, envahissent nos hôpitaux et étouffent notre marché du travail. De plus, ils compriment notre marché de l’immobilier et surchargent nos routes. Quant aux responsables politiques, ils violent notre souveraineté nationale et imposent des contraintes ingérables à notre système financier.

Ce vieux discours réchauffé à toutes les sauces a fini par lasser. Aujourd’hui le peuple a tranché, et l’initiative de limitation de l’UDC a été rejetée à 61.7% des voix. La première cause de ce refus est bien évidemment la prise de conscience des nombreuses conséquences d’un oui sur les accords bilatéraux, avec ce que cela aurait pu impliquer sur notre propre liberté de circuler, sur la recherche, la mobilité des jeunes, l’accès des retraités à ces lieux plus accessibles financièrement et bien d’autres aspects encore. Mais il y a aussi une autre raison, enfouie dans le subconscient collectif et qu’il ne faut surtout pas oser clamer haut et fort. Il s’agit de la dépendance de bien des secteurs en Suisse de travailleurs étrangers. Ce qui a été délocalisé ne reviendra pas, et ce qui a été automatisé encore moins, mais il reste cette partie de l’économie pour laquelle la main d’œuvre étrangère est nécessaire. Et si celle-ci ne vient pas d’Europe, elle sera de toutes les façons présente car indispensable. Alors autant maintenir les accords longuement négociés avec des pays voisins qui nous offrent l’avantage d’une mobilité facilitée et des nombreuses préoccupations communes, comme la qualité de l’air et des cours d’eau, l’aménagement du territoire ou encore les transports.

De l’autre côté du mur, car cette votation a été étroitement suivie par les Etats voisins de la Suisse qui voient dans ce refus clair et sans équivoque un signal positif. La crise sanitaire que nous traversons encore et dont nous ne voyons toujours pas le bout nécessitera une plus forte mobilisation des Etats et de leurs partenaires économiques. Il va sans dire que le résultat de ce dimanche permettra d’envisager une collaboration plus sereine avec notre voisin européen.

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Commentaires

  • Grâce a cette votation Genève Ville et Canton vont passer de 15 à 20 milliards de dettes en moins de 4 ans! On nous explique que les suisses ne veulent pas travailler dans les hôpitaux ce qui est faux, mais les formations sont très difficiles et très mal aidées financièrement en suisse! Articles très intéressants sur les métiers médicaux dans le Temps et quelques autres médias que l'on trouve sur google. En Suisse ces métiers s'apprennent dans des hautes écoles, équivalent de l'université, ce qui n'est pas le cas en France! On accepte donc dans nos hôpitaux des gens moins bien formés qu'en Suisse et en Suisse ont fait la chasse aux élèves qui ont beaucoup de peine à finir la première année! Il faudrait donc revoir les formations médicales, il est grand temps de le faire! En cas de grosse pandémie la France peut réquisitionner le personnel médical qui travaille en Suisse, c'est ce qu'a fait l'Italie au début de cette année!

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