Vote électronique : où en sommes-nous ?

Souvent décrit comme outil permettant aux suisses de l’étranger de voter à distance, le projet fédéral de vote électronique s’inscrit plus exactement dans une large politique de cyberaministration, menée aussi bien par Berne que par les cantons.

En tant que suisses de l’étranger, nous avons connu le vote électronique. En tant que citoyens genevois aussi. Et si nous en parlons aujourd’hui au passé c’est parce-que aussi bien le système genevois que celui de La Poste ont fini par être abandonnés, sans remplacement possible. Mais cela ne veut pas dire que le projet est définitivement tombé à l’eau. Bien au contraire !

Lancé en 2004, le projet de vote électronique a permis d’acquérir une vaste expérience dans le domaine, avec quelque 300 essais et des ratés qui ont fait couler beaucoup d’encre. Et ce ce vote électronique, on y tient ! Car malgré les craintes quant à d’éventuelles manipulations de résultats ou de tentatives de piratage, il présente de nombreux avantages, dont la principale reste sa simplicité. Mais il y a en a d’autres de taille : résultats de scrutins rapides, impossibilité de voter en retard ou de déposer des suffrages nuls, possibilité de voter même en vacances, accessibilité facilitée à tous les votants... Et à l’heure où l’on utilise fréquemment l’ebanking ou les sites marchands, les plateformes de vote électronique présentent des mesures de sécurité qui n’ont rien à envier aux magasins en ligne : nombreux codes de vérification, vérifiabilité individuelle, chiffrages effectués à différents niveaux, sont autant de mesures qui sont exigées par l’administration fédérale pour qui la fiabilité est un critère non négociable.

Or après l’adoption du vote électronique par 10 cantons, les systèmes en vigueur ont été successivement abandonnés. Genève d’abord en 2018, puis les autres cantons début 2019, après la découverte de failles majeures dans le code source du système développé par La Poste. Au mois de juin le Conseil Fédéral a décidé de prendre son élan avant la mise en exploitation du vote électronique, avec l’établissement de conditions générales préalables à un déploiement conjoint avec les cantons. Un rapport sur la phase d’essai est prévu pour fin 2020, avec un certain nombre de critères à respecter, tant au niveau de la sécurité bien sûr qu’à l’inclusion des milieux scientifiques suisses dans le projet, ou encore l’amélioration de la transparence pour gagner la confiance des utilisateurs.

Ceci reporte de 3 à 4 ans la mise en œuvre du vote électronique. 3 à 4 ans pendant lesquels les suisses de l’étranger devront patienter avant d’exercer leurs droits civiques. A l’exception des frontaliers qui ont encore la possibilité de se déplacer dans le canton pour voter. Une compensation de taille !

Lien permanent 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.