Egalité des chances: restons vigilantes!

« The 90% economy » titrait l’hebdomadaire britannique The Economist. C’est ce que veut bien nous laisser la pandémie après le déconfinement : un petit 90% qui risque de décevoir ceux qui rêvaient à un retour à la normale. Nous ne retrouverons pas 100% de notre capacité de production, ni de notre consommation, encore moins de nos déplacements avant fort longtemps. Et encore, les 90% représentent le scénario le plus optimiste !

Car le FMI l’a annoncé, le monde connaîtra une décroissance de 3%, suivie d’une lente récupération qui dépendra de la capacité des Etats à coopérer et à mettre la main à la poche. Et le déconfinement chinois qui peut nous servir d’exemple montre que la vie est loin d’avoir repris son cours. En effet, si la population a été appelée à reprendre la production pour permettre à l’économie de se remettre à flot, la consommation est encore chancelante. Les restaurant et hôtels attendent encore l’assaut qui les sauvera de la faillite, les PME restent sous perfusion des aides de l’Etat, le transport aérien restera sinistré pendant de long mois et l’incertitude économique – pire ennemi des entrepreneurs – planera tant que les mystères du virus n’auront pas été dévoilés. Certains secteurs comme la grande distribution, la pharmaceutique ou la plasturgie ont certes pu tirer leur épingle du jeu, mais la paralysie partielle des échanges mondiaux et le caractère éphémère de certains marchés risquent de les mettre à mal à leur tour.

Au delà des inquiétudes économiques, ce qui a le plus frappé durant cette crise sanitaire est la mise en lumière d’inégalités longtemps ignorées mais bel et bien présentes dans nos sociétés. Entre le scandale des maisons de retraite, la découverte de franges entières de la population qui ne sont pas assurées, la précarité de familles qui doivent faire la queue pour se nourrir, et l’injustice face au virus qui emporte plus volontiers les bas revenus, c’est un nouveau visage des pays riches que nous avons découvert. Mais ce n’est pas tout : la triste réalité a fini par rattraper toutes celles qui ont sorti les banderoles le 8 mars dernier: ce sont les femmes qui ont, en majorité, organisé l’école à la maison pendant le confinement, activités extra-scolaires y compris. Leur concentration au travail a été particulièrement perturbée pendant ces mois de télétravail et elles risquent d’être fortement pénalisées dans la suite de leur carrière. Les résultats commencent d’ailleurs à se ressentir : pendant le confinement les femmes ont été moins nombreuses à produire des articles de recherche, à participer aux téléréunions professionnelles et à prendre part aux décisions stratégiques des entreprises. Elles sont aussi les plus touchées par les mesures de licenciement et de chômage partiel.

Alors à moins de vouloir un retour en arrière après les avancées poussives de ces dernières années, gardons les banderoles à portée de main !

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Commentaires

  • A partir du moment ou certains bénéficient de "la discrimination positive", il n'y a pas d'égalité des chances! Il y a en revanche un effondrement du niveau de toutes nos universités! (L'affaire Avia) en ce moment sur médiapart, en est le parfait exemple!

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