Chassons le naturel…

A entendre les commentaires sur les réseaux sociaux, ces longs mois de confinement partiel ou total nous auront redonné goût à une certaine conception de la liberté. Ils nous auront réappris à profiter du temps présent, à tendre la main vers l’autre, à apprécier les gazouillis matinaux, et à découvrir de nouvelles passions. Mais lorsque les chinois auront trouvé un remède au COVID-19, ou que le coronavirus aura tout simplement décidé de disparaître comme il est apparu, fort est à parier que nos bonnes résolutions seront, le temps d’un relooking chez le coiffeur, rangées au fond d’un tiroir.

Nous reprendrons ainsi la voiture pour une course de 5 minutes, plongerons dans le lac le corps tartiné de crème solaire, nous précipiterons vers les magasins pour acheter le dernier smartphone, et nous ruerons vers les plages et stations de ski que nous étoufferons à souhait. Nous retrouverons avec délice cette certitude que la Terre nous appartient et que nous pouvons en disposer comme bon nous semble. Des Pierre Rabhi et Greta Thunberg ont beau nous distraire et nous impressionner avec leurs discours moralisateurs, nous ne sommes pas prêts à concéder le moindre SUV de notre confort personnel.

Le tant attendu Green Deal européen est également mis entre parenthèses, car l’accent est mis sur un retour rapide à des chiffres noirs, et donc à une reprise de la production industrielle au même rythme qu’avant le confinement, c’est ce que déplorent 13 ministres européens qui voient la crise sanitaire comme l’occasion ou jamais de partir sur de meilleures bases et de privilégier les industries les plus respectueuses de l’environnement. Quant au Green Deal version helvétique, il se fera attendre à en croire les propos de notre présidente de la Confédération, qui annonce un retour à la normale pour les industries et trafic aérien, alors que notre pays consomme en empreinte écologique l’équivalent de 3 planètes !

Et pourtant la réponse musclée à la crise sanitaire a prouvé que la capacité d’agir était là. A nos politiques de l’utiliser pour nous protéger des conséquences écologiques qui risquent d’être bien plus virulentes que celles du coronavirus.

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