Lorsque le déni entraîne un désastre sanitaire

Cela fait trente ans que la Chine nous éblouit par sa croissance à 2 chiffres, avec un ralentissement ces dernières années qui culmine quand même à 6%, de quoi nous faire pâlir de jalousie ! Et le résultat est là : alors que l’on continue à le qualifier de pays « en développement », l’empire du milieu est en passe de devenir la première puissance économique mondiale, et est déjà le premier dépositaire de brevets dans le monde !

Mais on a tellement pris l’habitude de prendre les autres cultures de haut que, malgré le basculement du centre de gravité économique vers l’est en 2008, on garde notre trône confortable de donneurs de leçons ! A tel point que nous faisons partie, avec les Etats-Unis, des rares régions à n’avoir pas eu de réactions lorsque la Chine a été frappée par le coronavirus en décembre. Aux premières mesures draconiennes prises par l’empire du milieu, des pays comme la Russie, la Turquie et de nombreux pays africains ont immédiatement réduit, voire coupé leurs liaisons aériennes avec la Chine. Dans le bon vieux continent, en revanche, nous nous sommes occupés à multiplier les émissions à scandale qui montraient les comportements autocratiques de notre partenaire commercial, tout en s’inquiétant des possibles arrêts de livraison de leurs usines ou de la baisse de leur consommation ! Nous avons donc perdu un temps fou à mépriser, critiquer, et réfléchir à d’autres voies quel celles empruntées par un pays qui nous devançait dans la gestion de la crise et qui avait finit par en venir à bout dans un laps de temps que nous lui envions aujourd’hui. Notre arrogance s’est même déversée sur la recherche, avec la mise en avant des avancées européennes ou américaines, dans le parfait déni de la recherche chinoise qui avait pourtant un bon cran d’avance sur nous.
C’est pour cette raison que, même lorsque l’Italie a serré la vis pour arrêter la propagation de la maladie, nos dirigeants sont restés léthargiques face à une situation qui les dépassait totalement ! Avec les conséquences que l’on connait, et qui ont fait de l’Europe le principal foyer de la maladie dans le monde.
Maintenant que l’aide médicale afflue du Sud vers l’Europe, et que nous restons totalement impuissants face à cette menace d’un genre nouveau, il est temps de tirer des leçons de notre comportement suffisant qui n’a fait que retarder inutilement notre prise de décision, et commencer à s’ouvrir – vraiment – aux autres.

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Commentaires

  • Grand-Genève et "Les droits des frontaliers" - article de la TdG

    https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/droits-frontaliers-face-coronavirus/story/19885542

    Dans la pièce jointe à l'article, la Française Penicaud décrète que les frontaliers au chômage technique en Suisse doivent recevoir 100% de leur salaire.


    Tandis que notre CF fixe le plafond du salaire pour Chômage Technique, à 2’600 Chf,

    Tandis que pour les employés de cette Sté int'le active à Zurich & Gve, au chômage technique depuis lundi, c’est 80% du salaire,

    Tandis que Tamedia ne déduit «que» 10% du salaire de ses salariés en CT.


    Le constat est que ces «droits du frontalier» salarié en Suisse
    cumulent de grossières discriminions positives entre frontaliers et résidents CH

    Où la réponse, à l'appel "à la solidarité citoyenne", risque d'être glaçante.

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