09/09/2018

Les bilatérales harmonieuses

"La pénurie de logements fait fuir les genevois" pouvait-on lire il y a quelques jours dans la Tribune de Genève. Je ne peux que le confirmer, cette même peste m'ayant fait fuir il y a plusieurs années. Et pour ce qui est de la destination, on n'a pas beaucoup de choix: France voisine ou canton de Vaud.


Ce dernier commence à saturer, avec un afflux de plusieurs centaines de genevois chaque année, et des habitants las de voir leur havre de paix transformé en dortoir pour pendulaires. La France voisine aussi, mais il continue à s'y construire tellement de nouveaux logements que les exilés immobiliers ont encore le choix entre de nombreux nids douillets. Il faut dire que traverser quelques mètres de frontière ne demande finalement pas beaucoup d'efforts, surtout depuis la mise en vigueur des accords bilatéraux de 1999 qui ont permis aux Suisses de s'installer dans les villes européennes sans demande de permis de séjour. Ce pas est donc franchit aisément, et la famille genevoise déménage en France avec quelques sous dépensés dans l'achat de nombreux adaptateurs car les prises électriques de part et d'autre de la frontière ne sont pas pareilles.

Les notes scolaires non plus d'ailleurs, car si notre première réaction est la fierté en accueillant le premier 6, on déchante vite en se rendant compte que qu'il n'est non pas noté sur 6 mais sur 20, et qu'il y en aura de nombreux car dans l'hexagone on distribue les mauvaises notes avec autant d'entrain que les petits pains! Il va aussi falloir rectifier son langage car le collège ne commence pas au même âge, la course d'école se transforme en voyage scolaire et la maman de jour en assistante maternelle, mais on retient vite ce dernier nom car en engager une revient à signer 12 pages de contrat!

Les activités périscolaires nous font aussi découvrir la gymnastique intellectuelle qu'implique le passage d'un pays à l'autre: les limitations de vitesse dans - et hors agglomération sont déjà un casse-tête, alors pourquoi diable n'arrivent-ils pas à se mettre d'accord sur la couleur des panneaux de signalisation des autoroutes?

Vivre en France implique également avoir un compte bancaire français, car oubliés les bulletins de versement, vive les chèques! A défaut il reste la "carte bleue", et en cas de tracas il faut s'habituer à n'être reçu que par un seul conseiller attitré, et tant pis s'il ou elle est en vacances! Heureusement qu'on gagne de l'espace en franchissant la frontière, le nombre de pièces affiché ne comprenant pas la cuisine, trop évidente dans un pays où la  gastronomie est chose sérieuse. De quoi utiliser quelques mètres carrés pour la machine à laver, car il n'y a pas de buanderie commune dans les immeubles.

Les bilatérales, c'est bien. Mais à quand un manuel pour le genevois de France voisine?

20:30 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.