02/09/2018

Il est temps que la petite reine retrouve son trône!

L'Europe a la Hollande, l'Allemagne et le Danemark. L'Asie a la Chine, le Japon et la Corée. Non, je ne parle pas du temple des téléphones portables, ni des plus gros dépositaires de brevets, mais des villes les mieux équipées en pistes cyclables. Il suffit d'une matinée à Pékin, Münster ou Amsterdam pour se rendre compte de l'importance de ce mode de transport dans ces pays-là. Et la petite reine y règne depuis si longtemps qu'elle s'est naturellement imposée dans les plans d'aménagement locaux. Des parkings réservés aux boutiques de réparation en passant par une incroyable étendue de pistes cyclables, l'infrastructure dans ces pays est telle qu'il est presque inenvisageable de se passer de vélos. Mais en plus de l'équipement, ce qui frappe le plus est la cohabitation pacifique et harmonieuse entre les différents modes de transport. La bicyclette est tellement présente en extrême Orient et en Europe du Nord que la question ne suscite même pas de débats!


A l'inverse, la Suisse reste largement en retrait par rapport à ces pays et l'évocation du vélo entraine souvent un gros malaise, voire un comportement agressif. Il faut dire que la mayonnaise à roues n'a pas pris dans des cantons encore trop peu équipés pour recevoir les cyclistes. Les transports publics et les voies piétonnes ont pendant longtemps monopolisé les efforts d'aménagement, ce qui a résulté en un réseau particulièrement dense et efficace, mais au détriment du vélo qui reste très pénible à utiliser en ville et provoque de nombreux accidents et comportements hostiles. Prenons Zurich par exemple: la multiplication de vélos en libre-service a suscité la grogne de piétons et autres usagers des espaces publics, car elle s'est faite sans infrastructure préalable ni installation de parkings dédiés. Les automobilistes voient également d'un mauvais œil les projets de pistes cyclables car il risque de se faire au détriment de voies déjà engorgées. Les adeptes de la petite reine se sentent, quant à eux, en insécurité dans des voies où ils n'ont souvent pas leur place. Il faut savoir qu'en Suisse, 7% seulement de pendulaires ou étudiants utilisent fréquemment le vélo contre 14% à Kyoto.

Nos cantons ont donc du plain sur la planche: infrastructure, installation de porte-vélos à l'arrière des bus, tarifs avantageux pour le transport des vélos en train, mise à disposition de vélos en libre-circulation dans toutes les communes.. Et le contre-projet à l'initiative vélo est important car il permet la coordination des efforts cantonaux et l'harmonisation de certains aménagement entre les cantons et avec les communes frontalières européennes. Bref, c'est le moment de voter OUI!

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