26/06/2018

2019 sera égalitaire ou ne sera pas!

Le printemps a été plutôt fertile en termes de projets d'égalité salariale, tant en Suisse que chez nos voisins français. Alors que notre conseiller national Konrad Graber revenait sur son impitoyable renvoi en commission du projet de modification de loi sur l'égalité qui proposait des contrôles soutenus et efficaces des salaires des grandes entreprises, le premier ministre français Edouard Philippe s'affairait à peaufiner les lignes directrices pour appliquer concrètement l'égalité salariale. Logiciels obligatoires de contrôle pour les entreprises de plus de 250 salariés avec amende en cas de non-respect, existence d'un référent afin de recueillir les témoignages de comportement sexistes, publication du pourcentage d'écart de salaire injustifié, publication des actions entreprises en vue de la promotion de la mixité, application du principe de "comply" ou "explain" pour justifier les cas de non-respect de l'égalité salariale, et last but not least la constitution d'une brigade de contrôle de ce qui va devenir en France un des enjeux majeurs des mutations professionnelles à venir.


Dans l'un comme dans l'autre cela fait plusieurs décennies que cette tant attendue égalité est remise aux calendes grecques. Mais la différence aujourd'hui, est que ces messieurs n'ont plus droit à l'erreur. Car de plus en plus d'associations ou d'organisations veillent au grain et utilisent toutes les stratégies pour arriver à l'égalité promise depuis plus d'un siècle.  En plus de groupements politiques comme les femmes PDC genevoises qui sont très actives dans les droits de la femme et qui ont organisé de nombreuses rencontres sur le thème de l'égalité salariale, la fondation internationale Business and Professional Women organise des manifestations de manière régulière lors de l'equal pay day afin d'exercer une pression politique constante. De plus, les pétillantes  65nopeanuts.ch utilisent la métaphore de la cacahuète pour revisiter notre modèle socio-économique afin de créer un véritable environnement égalitaire: AVS et LPP équitables, valorisation du travail éducatif et ménager, congé paternité, utilisation de quotas et de mesures de discrimination positive, introduction du respect des filles et de la condamnation des stéréotypes à l'école, généralisation du télétravail et du partage de postes à responsabilité.. Même le privé s'y met avec lyva.ch qui met en relation les écoles et le secteur privé pour encourager les filles à entreprendre des études scientifiques et qui propose des solutions ingénieuses afin de permettre aux femmes de s'épanouir dans leur vie professionnelle. Avec 15% d'écart salarial encore présent en Suisse aujourd'hui, les mesures doivent devenir concrètes et le sacro-saint patronat doit apprendre à se conformer à cette nouvelle vague en relativisant les éventuels coûts que cela engendrera, sachant qu'à long terme le bilan global ne pourra être que positif.

Et il n'est plus question de procrastiner: cette société civile à l'apparence disparate a compris maintenant l'importance de regrouper ses forces. Les femmes représentent 50.5% de la population suisse, imaginez qu'elles décident de voter d'une seule et même voix, de bloquer des gares ou des autoroutes, ou de faire grève le même jour. De nombreuses actions s'organisent de part et d'autre et le moins que l'on puisse dire est que 2019 sera une année riche en surprises!

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