28/05/2018

Questionnaire "humain" du Grand Genève

Si vous voulez agacer un passant choisi au hasard dans les rues basses, parlez-lui du Grand Genève. Il évoquera aussitôt la pollution, les embouteillages, le dumping salarial, le tourisme d'achat et surtout une région construite de toutes pièces par l'Europe pour profiter de la manne genevoise!


Mais il ne lui viendra jamais à l'esprit que le Grand Genève, ce sont aussi 25'000 enfants du canton qui se sentent abandonnés et stigmatisés. Cette considération humaine, longtemps dénigrée par les politiques, commence à faire son petit bonhomme de chemin dans certains discours. Car la source du problème est un canton qui a beaucoup d'ambitions de croissance mais un gros problème à aligner sa politique de logement à ses rêves de grandeur. Et donc l'incapacité de loger ses ressortissants et autres travailleurs à des conditions décentes, les poussant à rechercher l'Eldorado de l'autre côté de la frontière. C'est d'ailleurs souvent lorsque la famille s'agrandit que le problème se pose, car les logements familiaux sont rares et se monnaient à prix d'or.

Afin d'aller à la rencontre de ces exilés immobiliers, l'association Genevois sans Frontière a publié sur sa page un questionnaire destiné à mieux connaître ces familles qui, comme elles le définissent elles-mêmes, vivent à Genève et dorment en France.

Et voici le résultat: avec près de 6% de participation, le genevois frontalier type est établi en France voisine depuis plus de 15 ans, il est marié, a des enfants et travaille en Suisse (le masculin est utilisé dans un pur souci de simplification). L'introduction de la préférence cantonale et les indemnités chômage françaises alors qu'il cotise à Genève sont des raisons suffisantes pour ne pas déclarer son domicile principal. Il n'envisage pas de rechercher du travail en France, principalement à cause de diplômes non reconnus et de conditions salariales moins attractives, car malgré une bonne intégration, il envisage toujours de retourner à Genève pour y couler une retraite heureuse. Il se déplace vers son lieu de travail en voiture, le plus souvent seul, mais il envisage d'utiliser les parkings relais lorsqu'ils seront construits aux frontières. Il pense aussi solutions: notamment une collaboration accrue entre Genève et les communes françaises voisines en matière d'environnement, de planification urbanistique, de transports et de santé. Il aimerait voir un accord cadre garantir le libre accès à la scolarité des écoles genevoises pour les ressortissants suisses habitant en France voisine. L'idée de parlement transfrontalier le séduit, ainsi que la création d'une circonscription électorale qui le représente, et surtout l'établissement d'un statut de bi-résident qui lui permette de garantir l'égalité des droits en matière d'assurances sociales.

La politique genevoise l'intéresse, et il participe aux élections cantonales et fédérales. Mais il considère qu'aucune famille politique n'a su représenter les genevois frontaliers lors de la dernière législature. Les sujets qui le préoccupent sont divers et n'apparaissent jamais dans les débats politiques: réinsertion professionnelle, assurance maladie, rentes d'invalidité, droit de cotisation à l'AVS, et plus que tout l'égalité des droits avec ses compatriotes résidents.

D'un point de vue plus personnel il est blessé car il souvent la cible de remarques hostiles et de comportements discriminatoires. Il est considéré comme un citoyen de seconde zone à cause de son adresse et est qualifié de profiteur ou de traitre par ses proches et collègues. Il évoque la discrimination et la xénophobie et craint pour l'avenir de ses enfants, car il reste très attaché à son canton. Il ne comprend pas que ses droit constitutionnels soient bafoués alors qu'il est suisse et qu'il paie ses impôts et ses cotisations sociales à Genève.

Il lui reste une solution: le retour au bercail. Mais là aussi les choses n'ont que très peu évolué à Genève et les logements restent inaccessibles pour certains revenus. Alors il prend son mal en patience et attend que la politique genevoise s'intéresse, enfin, à ceux qui restent malgré tout des enfants de la République.

23:31 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Car la source du problème est un canton qui a beaucoup d'ambitions de croissance mais un gros problème à aligner sa politique de logement à ses rêves de grandeur.

Le néolibéralisme et ses conséquences, le mal de notre époque, une réalité.

Écrit par : breve | 29/05/2018

breve@ Non, la source du problème est ce truc nommé "grand-Genève" fabriqué hors-sol* et monté hors fondement démocratique Suisse.

*intérêts parisiano-maffieux, cf RATP, SNCF & BTP français, sous l'aval de politiciens locaux.

Écrit par : divergente | 29/05/2018

Encore la main dans le sac de votre négationnisme - de l'absence de fondement démocratique CH de l'emprise de multis parisiano-françaises,

dans ce foutoir appelé "grand-Genève" - où le peuple Suisse n'a jamais voté le gommage des frontières helvètes d'avec les 01 et 74 comme de tous autres pays de l'UE,

aujourd'hui via votre titre racoleur tablant sur l' "humain" du grand-Genève.

Vous semblez fermement tabler sur l'adage: "tout mensonge répété fini par être adopté comme vérité biblique".

Écrit par : divergente | 29/05/2018

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