13/04/2018

Et les femmes dans tout ça?

C'est bien connu: en Suisse les femmes touchent en moyenne 15% de moins que les hommes, alors que l'égalité de droit et de fait est inscrite dans la constitution depuis 1981! On sait aussi que les discriminations touchent différents aspects de la vie professionnelle, comme l'embauche ou les temps partiels.


Ce que l'on sait moins, c'est que même face aux maladies les femmes ne sont pas logées à la même enseigne que les hommes! Prenons l'infarctus du myocarde par exemple: Les symptômes connus sont une grande douleur à la poitrine avec irradiation dans le bras me direz-vous? Eh bien uniquement chez les hommes! Les femmes connaissent des symptômes bien plus discrets souvent attribués à une grande fatigue, mais ils sont moins connus car la plupart des essais cliniques n'incluaient jusqu'à présent que des sujets mâles, animaux y compris. Résultat: certains décès dus à une prise en charge deux fois plus lente des femmes admises aux urgences.

Qu'elle soit professionnelle, médicale ou autre, l'inclusion de la femme dans le processus décisionnel doit devenir systématique, et pour cela un grand changement de mentalité s'impose. Il doit se faire à travers l'éducation bien sûr, avec la suppression de certains clichés sexistes qui n'ont plus leur place dans notre siècle, mais également à travers une plus grande implication des hommes dans un domaine jusque là réservé aux femmes: la puériculture. Et à ce niveau là notre pays fait pâle figure face aux voisins européens: alors que les membres de l'UE se demandent quel pays offre le congé de paternité le plus long, le droit fédéral suisse n'en prévoit toujours pas et nous en sommes encore à nous demander comment le financer! Or l'attribution d'un congé paternité offrira aux couples un meilleur équilibre non seulement au niveau familial avec des papas plus impliqués dans l'éducation de leur progéniture et ce dès leurs premiers sourires, mais également au niveau professionnel avec des parents considérés de manière égale face à leurs employeurs et se trouvant face à des choix équivalents. Ainsi un temps partiel réclamé autant par des pères que par des mères éviterait que celui-ci ne soit réservé aux postes de subalterne, mais gagne également, comme cela se fait dans de nombreux pays européens, les postes les plus qualifiés. En partageant des postes à responsabilité avec des collègues hommes ou femmes, ces dernières pourront ainsi continuer à grimper les échelons tout en étant rassurées par rapport à leur équilibre familial.

On l'aura compris: le congé de paternité est bien plus qu'une question de gros sous: il s'inscrit dans une logique de changement de mentalité qui assurera le respect de l'égalité de traitement entre les hommes et les femmes à tous les niveaux de la société. Il doit trouver sa place dans le droit fédéral au même titre que le congé maternité obtenu lui, en 2005!

 

Houda Khattabi, candidate PDC au Grand Conseil.

22:15 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

-15% dans le privé pour les femmes et -20% pour les fonctionnaires cadres à l'Etat de Genève.

Écrit par : Fam | 14/04/2018

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