06/04/2018

Logement: les limites du système

Entre le refus catégorique du 4 mars dernier du projet Place-Rigaud à Chêne-Bougeries destiné à construire 286 logements, et les tergiversations autour des détails du PAV « Praille-Acacias-Vernets » qui retardent la mise en chantier de cette bouée de secours immobilière, on est en droit de se demander si, malgré tous les efforts consentis par des partis comme le PDC  pour améliorer l’accès à la propriété dans notre canton, on ne finira pas par tourner en rond dans notre quête du logement pour tous.


Car avec le retard que prennent certains projets pourtant plébiscités, la croissance démographique du canton dépassera bien vite la vitesse de construction de nouveaux logements. Et malgré la complicité de nos aînés qui choisissent souvent de couler des jours heureux sous d’autres cieux, il est fort à parier que le problème bien genevois du logement persistera au moins pendant les vingt prochaines années. Il sera donc très peu probable que le canton réussisse le pari ambitieux de loger tous ses travailleurs et leurs familles.

Sera posée alors la même question pour nos enfants, devenus adultes : mais où donc loger si l'on veut minimiser le trajet boulot-dodo? La réponse sera, j’en ai bien peur, toujours la même : dans le canton de Vaud ou en France voisine ! C’est une bonne nouvelle pour les amateurs du Grand Genève qui voient cette belle agglomération survivre à toutes les attaques qu'elle subit depuis peu. C’en est une moins bonne pour les communes vaudoise ou françaises, car si on hésite tant à déclasser les terrains agricoles et à dénaturer nos beaux paysages dans le canton de Genève, il en est de même dans le reste de l’agglomération franco-valdo-genevoise. Regardons par exemple la magnifique commune vaudoise de Chavanne-des-bois qui a connu un doublement de sa population depuis 2008 avec une majorité qui travaillent ou étudient dans le canton de Genève, ou encore la mobilisation d'associations françaises comme "Bien vivre à Prévessin" qui ne lésine pas sur les moyens pour protéger son patrimoine naturel. L'Eldorado immobilier, essoufflé, a à son tour décidé de protéger la beauté de son paysage et sa production agricole.

Les slogans qui prônent la fin du Grand Genève ont beau fleurir, ils ne font que reléguer le problème aux prochaines vagues d'exilés immobiliers. Il faut à l'inverse voir loin et anticiper les problématiques qui se poseront dans quelques décennies. Une concertation au sein de toutes les instances du Grand Genève, avec en tête un véritable projet d’agglomération qui inclue le logement, les transports et la préservation de notre bel environnement s'impose.

Houda Khattabi, candidate PDC au Grand Conseil

21:04 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Ah d'accord,

Vous aviez commencé votre blog sur d'autres axes disons plus transfrontaliers. Et je vois maintenant que vous êtes candidates du PCD GE... Je suis surpris que votre quérulence soit bienvenue au PDC. Mais in fine chacun votera selon sa conscience.

Écrit par : Eastwood | 07/04/2018

Les migrants avant les suisses partout dans les logements en Suisse! L'imposture et l'opportunisme politique sont partout à gauche et à droite! Demain les suisses de naissance qui n'ont qu'un seul passeport devront en masse quitter le pays, faute d'y trouver encore un lieu où dormir!! Dans quel pays pourront ils migrer?

Écrit par : Dominique Degoumois | 07/04/2018

"Les slogans qui prônent la fin du Grand Genève ont beau fleurir, ils ne font que reléguer le problème aux prochaines vagues d'exilés immobiliers." (Houda Khattabi, candidate PDC au Grand Conseil )

Vous faites erreur Madame Khattabi.

Le problème des exilés immobiliers n'est plus le problème de Genève ou des habitants de Genève, puisque ces exilés ne vivent plus à Genève, le Petit Genève, donc, histoire de ne pas tout mélanger.

C'est bien l'intérêt des personnes vivantes au Petit-Genève que vous défendez, n'est-ce pas ?

Vous êtes sûre que ce n'est pas le Capital immobilier particulier de certaines personnes que vous défendez, dont le capital immobilier est immobilisé en dehors des frontières politiques et fiscales du Petit Genève ?

Je me pose la question parce que je me demande si vous ne vous êtes pas trompée d'élection, les élections pour les exilés immobiliers du Grand Genève sont en France.

Ou envisagez vous une invasion de la France pour donner un cadre réaliste, un Lebensraum, à votre confusion politique et fiscale ?

Écrit par : Chuck Jones | 07/04/2018

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