16/03/2018

Coopération sanitaire: où en sommes-nous?

Julien est genevois. Ses parents ont fait le choix il y a douze ans de déménager vers la France voisine. Il effectue ses études à Sciez et doit rendre un travail de recherche pour l'obtention de son baccalauréat. Comme il est féru de physique, il choisit une étude sur la résistance de frottement en cyclisme. Alors qu'il effectue des tests sur des roues de vélo, il ressent une forte douleur au genou gauche. Elle disparaît aussitôt mais revient par moments et le fait de plus en plus souffrir. Ses parents, affiliés à la CMU (couverture maladie universelle française) l'emmènent à l'hôpital d'Annecy.


Le verdict est sans appel: Julien est atteint d'une tumeur au genou et le traitement va être lourd pour préserver non seulement sa vie mais aussi sa jambe: chimiothérapie, résection chirurgicale, puis thérapie adjuvante. Cela durera plusieurs mois et Julien devra être pris en charge à l'hôpital de Lyon, c'est-à-dire à près de deux heures de route!

Pour ses parents, cela signifie plusieurs aller-retour, des nuits à Lyon, et donc plusieurs jours de congé à prendre car les deux travaillent à Genève. Des complications d'ordre pratique qui s'ajoutent au choc du pronostic qu'ils ont encore de la peine à admettre, alors que ce même traitement peut être effectué aux HUG!

C'est l'objectif de la coopération sanitaire: que des patients assurés en France ou en Suisse et vivant dans des zones frontalières puissent accéder à certains soins non disponibles sur leur lieu d'habitation. Cet accord-cadre, signé entre la France et la Suisse en septembre permettra aux cantons et aux agences régionales de santé de conclure les conventions en matière de soins médicaux qui correspondent le plus aux besoins de leur région. Cela pourrait aller du cas de prises en charge lourdes comme celui de Julien à un travail de collaboration dans la prévention des addictions, la gestion de crises sanitaires graves et la prévention de certaines maladies.

Des patients en plus dans des hôpitaux surchargés direz-vous? Pas seulement! Cet accord-cadre prévoit également la formation de spécialistes genevois supplémentaires comme des dermatologues ou des ophtalmologues qui auraient le droit d'exercer en France voisine moyennant quelques formalités administratives. De quoi désengorger des files d'attentes interminables dans ces spécialités: un win-win!

Testée à Bâle/Lörrach et à Saint-Gall/Liechtenstein, cette mobilité accrue aussi bien des patients que des professionnels de la santé a fait ses preuves.

 

Dans le cas du Grand Genève, des discussions sont en cours pour fixer les modalités juridiques et techniques de la coopération. De quoi soulager quelque peu des parents qui, comme ceux de Julien, pourront se concentrer sur la guérison de leurs enfants.

 

Houda Khattabi, candidate PDC au Grand Conseil.

17:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.