23/02/2018

Education sans frontière

Lorsque je fus interviewée dans l'émission "Visages de Campagne", Pascal Décaillet me demanda, l'œil à la fois pétillant et scrutateur, quelle serait ma priorité pour Genève. Ma réponse fut sans hésiter: "l'éducation!"

Mère de trois enfants, pour moi l'éducation est le matériau qui forgera l'avenir des générations futures, et comme je l'ai dit lors de l'interview, nous disposons à Genève d'un excellent système éducatif: un apprentissage valorisant et attentif aux besoins du monde du travail, des études universitaires d'une qualité mondialement reconnue et des écoles spécialisées de haut vol.


Oui, mais voila: il reste des domaines où les diplômés ne sont pas suffisamment nombreux pour couvrir la demande réelle. Prenons les métiers de la santé par exemple: chaque jour, plus de huit-cent étudiants en médecine se pressent à l'aurore vers la B400 pour réserver les premières places, faute de quoi il ne leur reste plus qu'à se rabattre sur la A250 où les cours sont retransmis par écran et où la qualité d'écoute n'est pas toujours au rendez-vous. Et même cette salle peu aimée affiche très vite complet compte tenu du manque de places par rapport au nombre d'auditeurs. Et pourtant tous savent que malgré de longs mois sans vie sociale passées enfermés entre la bibliothèque et les salles de cours, ils auront peu de chances de passer le cap de la première année puisque moins du quart auront le privilège de passer en deuxième année. C'est plutôt restrictif sachant que 30% des médecins des hôpitaux de l'arc lémanique sont étrangers!

Même son de cloche dans l'infirmerie, avec une proportion deux fois plus grande de personnel étranger. Malgré un doublement du nombre de diplômés issus de la Haute Ecole de Santé de Genève en dix ans le canton peine à couvrir ses besoins en infirmiers et autre personnel médical. Compte tenu des complications engendrées par la préférence indigène, on se permet de repenser au projet d'école transfrontalière qui pourrait pallier à ce genre de déficit à moindre coût et de manière plus efficace. En effet, le quart de la surface de l'Institut de Formation en soins infirmiers d'Ambilly était prévu pour les formations genevoises. Un exemple de coopération transfrontalière intelligente qui pourrait - pour éviter de dire aurait pu- résoudre le problème de manque d'effectif en profitant des synergies binationales.

Le projet d'agrandissement de l'institut est néanmoins maintenu côté français, d'autant plus que l'actuel institut d'Ambilly est devenu trop étroit et qu'un tel déménagement s'impose. La participation financière genevoise a toutefois due être revue mais il reste le problème du statut des enseignants suisses. S'il persiste le moindre espoir pour que Genève soit aux côtés d'Ambilly le jour de l'inauguration, il faut à tout prix le raviver et retrouver le chemin de la coopération. Et, soyons fous, cet institut pourrait paver le chemin à de nombreuses autres initiatives transfrontalières dans le domaine de l'éducation, tant le partage du know-how et des infrastructures pourrait s'avérer profitable pour les deux régions.

L'institut qui était initialement prévu pour 2016, verra probablement le jour en 2020. Avec ou sans Genève.

Houda Khattabi, candidate PDC au Grand Conseil.

18:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Sinon et au fait, ce pavillon désamianté restant dispo pour la formation d'infirmères que vous appelez "institut", issu de la destruction de l'hosto d'Ambilly, est de quelle surface & pour quelle capacité de formation? Pathétique!

Vous omettez bien des détails dans votre appel au buzz. Dont ce truc bizarre où bien que le trou des dettes de la sécu, des régions & capacités françaises soit abyssal, les investisseurs aient trouvé profitable de construire dans le 74 un nouveau complexe hospitalier à Bonne, concurrent à un autre nouveau complexe hospitalier d'Annecy, lui-même concurrent à d'autres en local, tout ce beau monde ingurgitant les fonds des mêmes sources - du fond du trou du puits voisin aux potes genevois du fond des lobbies de gg (grand-Genève), aux lobbies européens - tous concurrents en chasse des frontaliers, tous en concurrence aux HUG.

Zut, les HUG c'est sur territoire non-union européenne.

Écrit par : divergente | 23/02/2018

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