16/02/2018

Scolarité des genevois frontaliers: tout ça... pour ça!

Que les choses soient claires: il n'y a que très peu de familles genevoises établies en France voisine qui ont envie de scolariser leurs enfants dans le canton. La raison est purement logistique: il est effectivement beaucoup plus simple d'inscrire ses petits à l'école du quartier et d'organiser leurs déplacements au moyen du pedibus local, de la nounou qui les emmène avec ses propres enfants, du bus scolaire ou encore du covoiturage avec les voisins. Alors qu'inscrire ses enfants à Genève signifie demander une dérogation, braver davantage les embouteillages matinaux à cause du détour et devoir faire des kilomètres supplémentaires à chaque sortie scolaire.


En parallèle, les écoles publiques françaises de la région sont non seulement d'excellente qualité (à condition de s'adapter à la cantine) mais offrent également un environnement international unique qui permet aux élèves de s'ouvrir aux autres cultures dès leur plus jeune âge. Les plus dégourdis peuvent même choisir de poursuivre un cursus international gracieusement offert - ou presque- par l'Education Nationale! Et comme tout le monde le sait, fréquenter l'école de quartier est bon pour l'intégration et pour se faire des copains qui habitent à quelques coups de pédale du domicile familial.

Mais alors pourquoi tout ce grabuge autour de la scolarité des frontaliers? Hormis le décalage des vacances scolaires qui n'est finalement pas un problème majeur, pourquoi tant de couples genevois se mettent tout à coup à demander à scolariser leurs enfants dans le canton? La réponse tient en un mot: confiance.

La confiance, perdue graduellement depuis ces malheureuses votations de 2014 qui ont tout perturbé. Depuis que chaque nouvelle décision genevoise brime ses citoyens maudits, les écarte davantage de ses priorités lorsqu'elle ne les prive pas de leurs droits en tant que contribuables et cotisants aux assurances sociales! Hospitalisation, AVS, emploi, assurance, les domaines où être frontalier pénalise ne manquent pas et Genève, dans son interprétation originale du rétablissement des quotas d'étrangers, a inventé la stigmatisation due à l'adresse. Alors les parents s'inquiètent pour leur progéniture, ils savent que le concert des discriminations ne s'arrêtera pas en si bon chemin, et se disent que dans quelques années, si leur enfant n'est pas scolarisé dans le canton, il n'aura aucune chance de retourner dans la terre de ses ancêtres et d'y faire sa vie.

Mais ces pauvres parents ont déjà un train de retard, car dans son élan de rejet de ses sous-citoyens le canton a décidé d'interdire l'accès à leurs enfants à partir de la rentrée 2019. Comme la raison évoquée était le surcoût nous avons voulu regarder cela de plus près: une étude du DIP effectuée en 2017 montre une augmentation du nombres d'élèves scolarisés dans le canton mais vivant en dehors de 328 élèves entre 2010 et 2016, soit une moyenne de 54.7 enfant par année. Le nombre total d'élèves non domiciliés dans le canton - frontaliers et autres - mis en rapport avec les 1'700 classes toutes communes confondues, représente 0.64 enfant par classe! Sachant que les classes genevoises ont un effectif moyen de 20 élèves, il suffirait d'une répartition intelligente pour éviter des coûts supplémentaires.

Entre 2010 et 2016 toujours, la seule petite commune d'Ornex de 5'000 âmes dans le Pays de Gex voisin - où l'effectif moyen est de 28 élèves par classe - a dû ouvrir une nouvelle école de 230 élèves pour faire face à la déferlante de nouveaux habitants, principalement genevois et internationaux.

L'avantage avec les statistiques, c'est qu'elles se passent de commentaire.

20:59 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Et ils mangent aussi tous halal dans les cantines de France voisine? Comme dans toute la France! Faux chère madame, on fait dire ce que l'on veut aux statistiques!

Écrit par : dominique degoumois | 17/02/2018

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