23/12/2017

Genève, soir du vingt-quatre décembre de l’an 2022

"Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire" Nietzsche


Plusieurs quartiers du centre ville de Genève sont fermés à la circulation depuis quelques jours. Le Rhône a encore une fois inondé de nombreuses rues à cause des sédiments charriés par l’Arve. Depuis que les communes françaises de Génissiat et Challex refusent d’ouvrir les vannes de leurs barrages la situation vire à la catastrophe. Les SIG travaillent à une solution mais elle risque de prendre plusieurs mois. Il y a quelques années les trains du CEVA auraient bien aidé à soulager les bus venant de Thônex et des Eaux-vives pour transporter les usagers vers la rive droite mais il a été démantelé depuis que l’initiative « Pas d’emploi si t’es pas Genevois ! » du 3 mars 2019 a été acceptée.  Ils devront faire preuve de patience car nombreux sont ceux qui se réunissent avec leurs familles la nuit de Noël, même si la plupart doivent maintenant partager le même logement.

La densification de communes à villas comme Pinchat, le Grand-Saconnex, Cointrin et Lancy, a permis pourtant la construction de 10'000 logements supplémentaires, mais ce n’était pas suffisant pour héberger les 60'000 genevois qui ont été chassés des communes françaises. Il faudra attendre les 40'000 autres logements qui ne seront pas livrés avant 2038. Fort heureusement, le nombre de fonctionnaires internationaux a fondu depuis que des organisations internationales comme l’OMC et l’OMM ont déménagé leur secrétariat vers Bonn. Il faut dire que la ville allemande n’a pas lésiné sur les moyens pour séduire les états membres : liaisons express vers les autres capitales européennes, accès facilité à l’éducation dans de nombreux pays du monde, possibilité de convertir la retraite des fonctionnaires dans la monnaie de leur choix, etc. De nombreuses entreprises multinationales ont également quitté Genève face à la difficulté de leurs travailleurs expatriés à obtenir leur permis de travail. L’OCDE a toutefois décidé de maintenir le CERN sur sol genevois du fait de l’impossibilité de déplacer l’accélérateur de particules. Soupir de soulagement pour les communes françaises qui connaissent un exode dramatique de leurs habitants vers Lyon, Paris ou d’autres villes européennes.

Les grands gagnants de cette situation sont les Genevois frontaliers qui, mis au ban du marché du travail pendant de nombreuses années, ont pu enfin retrouver un emploi stable depuis qu’ils ont été obligés à quitter la France. Le départ des frontaliers français a en effet libéré quelque 400'000 emplois. Reste la problématique de la garde d’enfants et de l’accès aux soins, car de nombreuses crèches ont du fermer par manque d’éducateurs qualifiés et l’hôpital cantonal a du fusionner avec la Tour par manque d’aides soignants.

La qualité de l’air s’en est, quant à elle, trouvée améliorée grâce au développement des lignes de bus et l’arrêt des déplacements pendulaires. Seul bémol : les pistes cyclables ne peuvent plus traverser les frontières et les cyclistes ont perdu une partie de leurs parcours favoris, comme celui de Ferney-Collex.

 Mais l’heure n’est pas aux balades à vélo. Avec des températures avoisinant les moins dix, les SIG recommandent aux usagers genevois d’utiliser le plus possible le bois pour chauffer leurs appartements et les réchauds à gaz pour cuisiner. EDF a en effet prévu une réduction de l’électricité qu’elle fournit à la ville du bout du lac, prétextant un risque de blackout.

Joyeux Noël !

21:11 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

Commentaires

C'est quoi ce délire?

Écrit par : Daniel | 24/12/2017

Ahaha, excellent :-)

Écrit par : bien vu | 24/12/2017

C'est tellement drôle et en même temps, ça laisse réfléchir, parce qu'on est pas à l'abri !

Écrit par : Jacques | 24/12/2017

Je crois plutot qu`il y aura de plus en plus de Genevois a s`expatrier sur territoire francais pour non-seulement y habiter, mais aussi y travailler. A mesure que l`économie genevoise deviendra de plus en plus axée sur le savoir et la technologie, les emplois genevois seront a la fois plus rares et encore mieux payés avec, en parallele, une migration massive vers la France.

Écrit par : JJ | 24/12/2017

- Je crois plutot qu`il y aura de plus en plus de Genevois a s`expatrier sur territoire francais pour non-seulement y habiter, mais aussi y travailler.-

demandez la main de cette blogueuse avec qui vous faites la paire.

Écrit par : LouZ | 24/12/2017

Vous arrivez trop tard en Suisse mademoiselle Houda Khattabi, dans ce Genève 2017 les suisses ont déjà foutu le camp

Écrit par : migrer en Suisse et se foutre des suisses, ça rapporte et c'est gratuit | 24/12/2017

Les commentaires sont fermés.